Nos enfants méritent mieux

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Opinion

A la lecture des journaux du week-end dernier, chacun pourrait penser que nous sommes à la veille d’une deuxième bataille des éperons d’or. Liesbeth Homans, la femme forte de la N-VA, a ainsi déclaré : « … Notre Non signifie bien plus que l’opposition entre la N-VA et le PS. C’est la Flandre contre la Wallonie, et inversement. … » Pardon ? Pour la N-VA, la réforme de l’Etat ne vise pas une amélioration commune, mais deux peuples qui s’affrontent (Flamands contre Wallons, Klauwaerts contre Leliaerts ?).

En fait, ceci m’inquiète beaucoup. Car avec ce genre de mentalité, on ne peut évidemment pas parvenir à un accord ou à une collaboration correcte. Cela devient dès lors de plus en plus évident que cela n’a apparemment jamais été l’intention de la NVA. Quoique les francophones fassent, du simple fait qu’ils ne sont pas flamands, ce ne sera jamais suffisant. Je ne peux adhérer à cela.

Justement ce week-end – certainement un hasard – le Gouvernement flamand a annoncé qu’il se rendait à la Cour constitutionnelle pour faire annuler le budget de la Région bruxelloise. Quel est le problème ? La Région bruxelloise a pris le risque de libérer 9 millions d’euros pour construire des écoles supplémentaires. Ainsi, nous voulons garantir l’accueil de l’afflux d’étudiants les prochaines années.  Rien que dans l’enseignement primaire, nous attendons pour 2015 environ 15 000 étudiants de plus qu’en 2010 (et les écoles sont déjà remplies).

Evidemment, je préférerais également que les communautés libèrent les moyens nécessaires pour répondre à cette demande. Mais elles ne le font pas. La Communauté française a fièrement annoncé pouvoir faire de la place pour 5 600 nouveaux élèves pour 2017. 2 000 places s’ajouteraient également grâce à la Communauté flamande. Ce sont des chiffres sympathiques à exhiber mais entre-temps, il manquera à Bruxelles pas moins de 7 500 places. (Et comme vous le remarquez, je ne vise pas uniquement la Communauté flamande mais également la Communauté française car elle est également loin derrière ce qu’elle devrait faire.) Une catastrophe pour notre jeunesse et donc également pour l’avenir de notre Région. En tant que Bruxellois, nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que cette catastrophe arrive.

C’est la raison pour laquelle j’ai soutenu, en tant que membre néerlandophone du Gouvernement bruxellois, la décision de la Région bruxelloise de libérer les moyens nécessaires. Et ceci suivant la clé de répartition correcte 80% FR/20% NL. Mes collègues de l’Open VLD, et également du CD&V ont d’ailleurs approuvé cette décision car ils sont au courant de la situation critique à Bruxelles.

Que la N-VA, via leur vassal Kris Peeters, trouve apparemment nécessaire, par principe, de contester cette décision, je trouve cela scandaleux. Car ils jouent avec l’avenir des enfants bruxellois. Car ils trouvent leurs grands principes apparemment plus importants que le droit à l’enseignement.

Ils auraient également pu réagir de manière positive. Ils auraient pu dire : Nous nous chargerons de trouver une école néerlandophone pour 30 % de ces enfants. Le Gouvernement flamand avait quand même lui-même fixé dans son accord gouvernemental qu’il voulait prévoir, au niveau communautaire, une offre pour 30% des Bruxellois? C’est d’ailleurs également dans l’intérêt des Flamands : Du fait du succès de l’enseignement néerlandophone, le nombre de bilingues à Bruxelles a fortement augmenté. Ces jeunes Bruxellois qui fréquentent des écoles  néerlandophones, ne sont peut-être pas des « Flamands » mais ils sont bien ouverts à notre culture, montrent de la compréhension pour notre façon de penser, etc.

Mais cela n’a donc pas lieu. On est sur le sentier de la guerre. La Flandre contre la Wallonie. Mais ce sera sans moi. Car nos enfants méritent mieux que ça.