Alain Berenboom nous a pris la main dans le sac !

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Opinion

Nous avons été pris la main dans le sac. Alain Berenboom (Le Soir des 28 et 29 janvier) a découvert que Pascal Smet, Brigitte Grouwels et moi-même, nous nous réunissons chaque semaine dans notre propre TufTufclub afin de prendre des mesures pour débarrasser Bruxelles de ses cyclistes. Est-ce Pascal qui n'a pas su tenir sa langue ? A moins que ce ne soit Brigitte qui ait laissé traîner ses notes ? Ai-je envoyé un mail à une mauvaise adresse ? En tout cas, nous sommes pris la main dans le sac et notre stratégie est dévoilée.

 Vous pensiez vraiment que nous voulions porter le nombre de cyclistes à 20 % ? Bien sûr que non ! Les pistes cyclables ne sont pas conçues pour les cyclistes : ce sont des places de parking déguisées, les logos de vélos ne servent pas à demander aux automobilistes d'adapter leur mode de conduite, mais à attirer les cyclistes vers les voitures afin que celles-ci puissent les écraser plus facilement. Et si les vélos Villo ! sont si lourds, ce n'est pas pour pouvoir résister aux chocs. Non, pas du tout : leur poids ralentit leurs utilisateurs, ce qui permet aux voitures de les attraper plus facilement !

 Malheureusement, notre tactique ne s'est pas avérée très efficace jusqu'à présent, je dois bien l'admettre. Le nombre de cyclistes ne cesse d'augmenter chaque année, et même de 16 % l'année dernière. Pour masquer le fait qu'environ 7 % des Bruxellois se rendent au travail à vélo, nous avons dû compter les navetteurs (qui, heureusement, continuent à venir en voiture) dans les derniers chiffres de la mobilité. Cela nous permet de continuer à prétendre qu'il n'y a que 3,4 % de cyclistes à peine à Bruxelles (ce qui représente malheureusement une multiplication par trois, car on est partis de 1,1 % en 1999, mais passons cela sous silence). Quant au fait que le nombre de tués et de blessés graves par kilomètre parcouru à vélo ne cesse de diminuer, vous comprendrez bien que c'est pour nous une frustration constante.

 Pourtant, nous faisons de notre mieux. Nous avons autorisé les cyclistes à rouler à contresens, en espérant que le nombre de victimes découragerait les autres candidats cyclistes. Mais hélas, trois fois hélas, c'est comme si les automobilistes refusaient de renverser les cyclistes. Et parlons aussi de notre campagne de découragement de l'année dernière, Bike Experience. Nous avions pensé : « On va flanquer la frousse de leur vie à 150 Bruxellois en les mettant au défi de pédaler plein pot pour se rendre à leur travail. La "publicité" de bouche à oreille de ces personnes, mortes de peur, fera bien son effet par la suite. » Malheureusement 90 % d'entre elles ont continué à utiliser leur vélo pour aller au boulot, très enthousiasmées par la vitesse à laquelle elles avaient pu aller au travail.

 Evidemment, nous avons également commis des erreurs. Je n'aurais jamais dû élaborer ce plan politique vélo. Mais qui aurait pu prévoir que le reste du gouvernement, des services, des communes allaient vraiment vouloir davantage de zones 30, de pistes cyclables, de campagnes et de mesures politiques pour réduire les vols de vélos ?

 Et c'est ainsi que le nombre de cyclistes augmente lentement mais sûrement à Bruxelles. Un véritable supplice pour les automobilistes coincés dans les embouteillages, qui se voient dépassés par des cyclistes affichant des sourires moqueurs parce qu'ils arriveront à temps au travail, à la maison ou au club de sport, eux.

 Ça devait être interdit. Vraiment, ça devrait être interdit.